Nous avions découvert la chaîne d’Emilie et Clara, Les Aziatiks. Nous leur proposons une collaboration pour filmer une recette.
Nous pensons savoir où nous allons. Un chop suey ? Du porc aigre-doux ? Mais très vite, quelque chose dévie. Elles évoquent le Moon Fan. Un plat dont nous n’avions jamais entendu parler. Leur “zembrocal”. Et un mot revient : Hakka.
Premier jour de tournage. Rendez-vous à Terre Sainte. Nous nous attendons à découvrir un temple comme il en existe ailleurs sur l’île. Et nous tombons sur autre chose. Un temple monumental. Construit en Chine, démonté, transporté, puis remonté ici. Sans vis. Sans clous. Uniquement du bois, assemblé avec une précision remarquable.
À ce moment-là, une évidence. Nous ne filmons plus une recette. Nous entrons dans une culture. Le lendemain, direction Grande Anse. Le Moon Fan se prépare. Les gestes sont précis. Les explications, ancrées dans une histoire. Puis d’autres invités arrivent. Un groupe. Un pique-nique. Un moment simple… mais chargé de sens. Le plat devient un lien.
Entre les deux, une répétition : la danse du dragon. Les tambours résonnent. Les corps s’accordent. Le dragon s’élève. C’est puissant, structuré, maîtrisé. Et là encore, inattendu. Au fil du tournage, tout s’assemble. La culture Hakka est là. Présente à La Réunion depuis le XIXe siècle. Organisée, vivante, mais discrète.
À la fin, une impression simple. Nous avons voyagé sans quitter La Réunion. Et peut-être que c’est là, le plus étonnant. Ce territoire contient des mondes entiers. Et nous avons eu le privilège de les approcher.
